Les mondes d'Aldébaran
Pour poursuivre dans la lancée du précédent article, je vous présente aujourd'hui une bande dessinée, ou plutôt une série de bandes dessinées, que j'ai relu récemment et qui m'a beaucoup plu, autant à la première qu'à la seconde lecture : Les mondes d'Aldébaran. Cette série se décompose en cycles plus ou moins indépendants - il est cependant préférable de lire l'ensemble dans l'ordre - de cinq albums. Le dernier paru est le troisième du cycle Antarès, cycle qui succède à Aldébaran et Bételgeuse. Un cycle parallèle est aussi en production, nommé Survivants, il en est à son premier tome.
Couverture du premier tome du cycle Aldébaran : La catastrophe
L'histoire se passe dans un futur hypothétique, vers 2180 : Plus d'un siècle auparavant, l'humanité a commencé à coloniser de nouvelles planètes, la première - et la seule pour le moment - étant Aldébaran. Seulement, après avoir envoyé des milliers de colons sur cette planète, le contact est coupé et ne peut être rétabli avec la Terre, et les nouveaux habitants doivent se débrouiller d'eux-mêmes. Dans un monde au nombre réduit d'habitants, avec un gouvernement corrompu, Marc et Kim, deux jeunes gens, sont entraînés dans une histoire aux allures fantastiques : des évènements étranges et inexplicables, comme l'apparition de structures immenses dans la mer, ou le durcissement soudain de l'eau (comme sur la couverture un peu plus haut), les entourent.
Une des apparitions étranges en question...
Je ne peux vous en dire plus sans vous gâcher une partie du plaisir. Les deux autres cycles, Bételgeuse et Antarès, se situent après le premier et rassemblent des personnages du premier cycle, mais aussi des originaux. Cette série est scénarisée et dessinée par Leo (Luiz Eduardo de Oliveira), un auteur français d'origine brésilienne, qui a aussi, entre autres, dessiné la série Trent et co-scénarisé et dessiné la série Kenya.
Malgré l'originalité du scénario et les étrangetés que l'on peut y trouver, l'intrigue se veut être une histoire d'anticipation, de science-fiction réaliste, sans être extravagante. Ainsi, les situations politiques, si on exclut certains détails, se veulent plausibles, tout comme l'évolution des évènements depuis la colonisation. La psychologie des personnages n'a rien d'aléatoire ou d'insipide - comme c'est souvent le cas en bande dessinée. Bref, l'histoire se tient du début à la fin de chaque cycle, et c'est bien agréable.
Quant au dessin, il peut rebuter de prime abord, à cause de son côté très statique qui est gênant, notamment dans le visage et le mouvement des personnages. Mais sa sobriété et son réalisme conviennent parfaitement à cette histoire et la servent avec succès. La richesse de cette série tient aussi à l'imagination étonnante de l'auteur dans la création des animaux et créatures rencontrées.
Une des créatures en question - on ne voit pas la poche d'hélium sur son dos...
De manière parfois un peu naïve, la série fait aussi passer des points de vue, au fil des tomes, sur divers sujets sérieux, parmi lesquels la politique et la corruption dans ce domaine, les inégalités homme-femme, le pouvoir de l'argent, ou, plus récemment dans le troisième cycle, la religion et le fanatisme ; sujets traités sans manichéisme vulgaire.
Bref, si je dois vous conseiller une série de bandes dessinées de science-fiction agréablement dessinée et qui tient la route, c'est bien celle-ci !