Kick-Ass

Publié le par Multipass


Voilà déjà longtemps que ce blog n'a pas évoqué un film ou une musique ; ces derniers mois, il n'a ponctué sa looongue inactivité que par un relevé plutôt chaotique des bourdes et vannes de mes professeurs (ou ex-professeurs)  bien aimés. Je ne désespère cependant pas de pouvoir, un jour, m'y consacrer avec plus d'assiduité, et, en état de vacance, le moment me semble propice pour faire tressauter le graphe encéphalique du blog et... - Attendez, on me dit que... que cette métaphore ultra-classique a déjà été utilisée dans l'article précédent... Et qu'au vu du nombre réduit des récentes publications, cette négligence ressemble plus à un manque d'originalité qu'à une simple répétition... Je reprends donc. - [...] en étant de vacance, le moment me semble propice pour déterrer la dépouille déjà bien décomposée - hmm, c'est beaucoup mieux, c'est frais et ô combien plus élégant - de ce blog. Et puis, c'est pas comme si j'avais l'équivalent de trois montagnes de travail à faire ! J'ai donc décidé, aujourd'hui, de vous parler de : 

 

Kick-Ass

 

Affice-Kick-Ass.jpgL'affiche


 

Ma note :

◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘

 

 

Intitulé Kick-Ass, littéralement, "botte-cul", ce film, sorti en avril 2010, a été réalisé par Matthew Vaughn, un britannique dont aucune des précédentes productions (telles Stardust, ou Layer Cake, par exemple) ne m'évoque quoi que ce soit. Ce film d'action, d'une durée d'une heure et cinquante-sept minutes raconte l'histoire de Dave (Aaron Johnson), un adolescent tout à fait dans la norme, passionné de comics et de de super-héros. Moins par révolte contre l'injustice que par rêve, il décide de se créer une seconde identité, masquée, à l'image de ses héros de comics, afin de combattre le crime. Seulement, contrairement à ses modèles, quelque chose lui manque : des pouvoirs. Ainsi, lors de sa première confrontation avec des malfrats, il mord salement la poussière et comprend que cette activité est bien plus ardue et moins agréable qu'elle n'y paraît. Il sera bientôt rejoint dans sa lutte par deux super-héros bien plus sérieux et plus entraînés que lui : Big Daddy (Nicolas Cage) et sa fille de onze ans Hit Girl (Chloë Moretz) vont l'aider à lutter contre le parrain de la mafia locale, Frank D'Amico (Mark Strong), contre lequel ils nourrissent une ancienne rancune...

 

 

Kick-Ass-fanart.jpgSource : #


 

L'expression "Kick-Ass", à la fois l'intitulé du film et le nom de ce super-héros, rend à elle seule assez bien l'ambiance du film : entre la familiarité et le vulgaire ("to kick asses" signifie "botter des culs"), affirme le côté dans l'air du temps de ce film, beaucoup plus proche de son public que des Spider-man et autres Batman, qui, en recherchant l'admiration plutôt que l'identification du spectateur, s'éloignent de lui. Ici, le film n'adopte ni cette distance - du moins au début - ni la naïveté habituelle du super-héros noble et tout à fait altruiste, et semble savoir exposer avec justesse une certaine réalité. Du coup, les côtés plus humoristiques du films, bien que plutôt discrets, sont efficaces.

La majorité des acteurs ne sort pas du lot, mis à part Christopher Mintz-Plasse et Chloë Moretz : le premier ne m'a pas du tout convaincu dans son personnage de fils pas très fin, désireux de vouloir bien faire face à un père qui l'écrase par sa volonté de tout contrôler, tandis que la jeune fille, malgré un personnage un peu incohérent (personnalité très forte et sans doute trop intelligente pour son âge), livre une interprétation sans aucune fausse note.

Dans l'ensemble, l'action est bien menée : le rythme soutenu préserve le spectateur de l'ennui. Rapidement et naturellement, on est entraîné au milieur de cet univers de comics, dans cette histoire avec un semblant de mise en abyme (un super-héros fanatique d'autres super-héros ; et les références sont nombreuses, comme le "With no power comes no responsability" inspiré de Spider-man, ou la Mistmobile, évoquant bien sûr la Batmobile). Si l'introduction dans cet univers se fait en douceur, le gros du film se déroule avec quelques travers : la violence est certes quasi-essentielle dans un film d'action, mais, même en n'étant pas plus présente que dans un autre film, elle est plus crue et plus dérangeante, certainement en raison de cet univers qui se veut - et qui réussit à être - proche du nôtre : on ressent chaque coup avec douleur. Par ailleurs, à mesure que l'histoire progresse, cette proximité avec le spectateur se perd - du fait des armes et autres gadgets, s'éloignant de notre univers quotidien (enfin je parle pour mois vous, je sais pas...) - jusqu'au carnage de la fin qui est à la fois trop gros et  trop caricatural ; la facilité qu'ont les héros de se sortir des pires situations est d'ailleurs décevante, tant lors de cette fin que tout au long de l'intrigue. Encore une fois, c'est certes un film d'action, qui ne doit donc pas requérir de réflexion intense, mais un peu plus de difficulté pour le héros n'aurait pas été de trop.

Par ailleurs, un détail m'a dérangé : le film avait pour devise "No powers. No training. No problem.", traduit et raccourci par le "Pas de pouvoirs ? Pas de problème !" que l'on retrouve au bas de l'affiche. Seulement, après sa première dérouillée, Dave/Kick-Ass se retrouve quand même avec des palques de fer un peu partout dans le corps, (Wolverine ?) et des terminaisons nerveuses beaucoup moins sensibles. On a donc : une résistance accrue aux coups, et une sensibilité réduite à la douleur ! Si ce n'est certes pas un pouvoir, c'est quand même un redoutable avantage, une particularité qui, selon moi, contredit un peu la devise initiale du film.

Autre chose : si, comme dit plus haut, la naïveté habituelle des films, même d'action, se retrouve moins dans celui-ci ; il reste tout de même les incontournables passages minaudiers au possible : par là, j'entends les "ma fille, sache que je t'aime beaucoup, et je crève la gueule ouverte juste en face de toi juste après", ou "mais que fais-tu, tu es rentré dans ma chambre par effraction et je t'en veux de m'avoir menti, mais je te permets de rester quand même parce que je suis la nana tout à fait superficielle qu'on a vu au début du film et qui doit nécessairement finir avec toi" et enfin "je suis une gamine qui t'es supérieure et je me suis fichue de toi et de ton incompétence mais tu t'es rattrapé en m'aidant à accomplir la vengeance de mon père (qui est, au passage, mort par ta faute), donc serrons-nous la main de manière solennellement ridicule et tournons-nous vers le soleil couchant ou levant".

Enfin, la musique bien agréable et parfois surprenante adhère au rythme du film, une surprise avec ce Per qualche dollaro in piu - qui m'a rappelé d'éprouvantes séances d'Accrogym... - étrangement placé, et deux titres de The Prodigy, à savoir Stand up et Omen, qui ne font pas tâche. De ce côté, du coup, rien à redire.

 

 

 


The prodigy - Omen


Malgré les quelques détails que j'ai relevés ci-dessus, c'est finalement un film qui m'a bien plu, parce qu'il possède son empreinte propre et qu'on s'en souient comme étant Kick-Ass et pas comme un énième film de super-héros. Bon divertissement, agréable et bien rythmé, si on a deux heures à consacrer à un film pas prise de tête et distrayant, je vous le conseille tout à fait ! 

 

Sources des informations techniques du film :
Allocine #
Wikipedia #

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Publié dans Films

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