Tool (Maynard James Keenan, partie 1/3)
Le groupe Tool au complet, avec, de gauche à droite : Adam Jones, Maynard James Keenan, Justin Chancellor, Danny Carey.
Tool, c'est un groupe sur lequel je voulais faire un article depuis longtemps (depuis plus d'un an, en fait) : depuis que je l'ai découvert, il fait partie des formations musicales que j'aime de manière quasi inconditionnelle. Il est mené par Maynard James Keenan, qui en est le chanteur, et dont je vais vous reparler dans les deux prochains articles, d'où le "partie 1/3" que vous voyez dans le titre.
Maynard James Keenan : il paraît moins "normal" lorsqu'il apparaît en soutien-gorge sur scène (véridique). Image de kidarte sur Deviantart.
En effet, trois parties, pour trois groupes dans lequel le chanteur officie, à savoir Tool, A Perfect Circle et Puscifer, tous trois présentant des éléments assez proches mais aussi des différences marquées. Outre le chant de Keenan, le groupe offre une formation musicale classique pour un groupe de metal, c'est-à-dire un trio instrumental guitare-batterie-basse, repectivement tenus par Adam Jones, Danny Carey et Justin Chancellor. Les quatre forment un groupe qui officie dans un metal des plus inhabituels et déroutant et, selon moi, des meilleurs. Difficilement catégorisable, Tool offre une musique destructurée et envoûtante, entre l'experimental et le progressif.
Le clip de Schism, si vous l'appréciez, je vous conseille aussi, entre autres, ceux des morceaux Sober, Stinkfist, Prison Sex ou Aenema.
Mais quel élément, dans la musique, la rend-t-elle donc si belle ? C'est difficilement traduisible, il faut écouter la musique pour comprendre, et encore, on peut tout à fait ne pas accrocher au style. Le chant est incroyable, paris doux, parfois agressif, et quelquefois fragile et profond, comme on le retrouve sur Indigo Children de Puscifer. Les compositions présentent une rythmique (assurée par la batterie, mais aussi par la basse) des plus surprenantes, et des contretemps parfois déstabilisants, et jamais la guitare ne vient enrober le reste comme si les autres instruments étaient un simple plus-value : c'est un ensemble en harmonie.
Outre leur univers musical, ils s'entourent d'un artwork assez particulier : vous avez pu voir le clip de Schism un peu plus haut, mais les images mêmes de leurs pochettes, livrets-CD ou encore de leurs promotions, bref, tout l'art visuel accompagnant généralement le groupe est plutôt perché. Malgré le manque (tout relatif) de notoriété en France, le groupe est reconnu sur la scène du metal international, Lateralus et 10,000 Days ayant atteint la première place des ventes aux Etats-Unis, au Canada et en Australie, et le second, en Nouvelle-Zélande, aux Pays Bas, en Norvège et en Autriche, ainsi que la seconde place en France ! (Comme quoi, ils sont pas si inconnus chez nous.)

Pochette de 10,000 Days, la multitude d'yeux est un élément récurrent de leur artwork.

Petite image d'artwork commandée à Bayard Baudoin.
Certains fans parmi les plus "groupies" voient le groupe comme une formation non seulement musicale, mais qui offrirait en plus quelque chose de spirituel. Je ne suis pas de ceux-là, les paroles de leurs chansons invitent à l'éveil de l'esprit, à la lutte contre l'oppression ou à la remise en question de ce qui nous entoure ("think for yourself") mais rien au-delà, par ailleurs, le groupe a rapidement abandonné la supercherie de la "lacrymologie" de ses débuts (je n'ai pas de détails à donner là-dessus, pour plus de précision, vous trouverez bien un site là-dessus, sur le net). J'apprécie beaucoup leur musique ainsi que le visuel magnifique et torturé qui entoure le groupe, mais ne faisons pas de Tool une religion. Je vous laisse sur cette petite merveille, avant de revenir parler de notre cher Keenan dans la deuxième partie de cette trilogie, à savoir A Perfect Circle.