Tool (Maynard James Keenan, partie 1/3)

Publié le par Multipass

Groupe.jpgLe groupe Tool au complet, avec, de gauche à droite : Adam Jones, Maynard James Keenan, Justin Chancellor, Danny Carey.

 

Tool, c'est un groupe sur lequel je voulais faire un article depuis longtemps (depuis plus d'un an, en fait) : depuis que je l'ai découvert, il fait partie des formations musicales que j'aime de manière quasi inconditionnelle. Il est mené par Maynard James Keenan, qui en est le chanteur, et dont je vais vous reparler dans les deux prochains articles, d'où le "partie 1/3" que vous voyez dans le titre.

 

Maynard James KeenanMaynard James Keenan : il paraît moins "normal" lorsqu'il apparaît en soutien-gorge sur scène (véridique). Image de kidarte sur Deviantart.

 

 En effet, trois parties, pour trois groupes dans lequel le chanteur officie, à savoir Tool, A Perfect Circle et Puscifer, tous trois présentant des éléments assez proches mais aussi des différences marquées. Outre le chant de Keenan, le groupe offre une formation musicale classique pour un groupe de metal, c'est-à-dire un trio instrumental guitare-batterie-basse, repectivement tenus par Adam Jones, Danny Carey et Justin Chancellor. Les quatre forment un groupe qui officie dans un metal des plus inhabituels et déroutant et, selon moi, des meilleurs. Difficilement catégorisable, Tool offre une musique destructurée et envoûtante, entre l'experimental et le progressif.

 


Le clip de Schism, si vous l'appréciez, je vous conseille aussi, entre autres, ceux des morceaux Sober, Stinkfist, Prison Sex ou Aenema.

Le groupe, formé en 1990, compte seulement quatre albums à son actif - si l'on ne compte pas l'EP Opiate sorti en 1990 et leur live Salival en 2000 - et un cinquième à venir courant 2012. Il sort donc, en moyenne, un album tous les cinq ans, ce qui est malheureusement peu ; j'attends par ailleurs avec impatience la sortie de leur prochain ovni. Déjà, Undertow (1993) annonçait la couleur, quelque chose de différent, de prenant et de nuancé. Aenima (1996) offre ensuite une musique parfois plus violente et travaillée, quoiqu'on ne s'en rende pas compte aux premières écoutes. C'est d'ailleurs l'une des richesses de leurs chansons, à la centième écoute d'un morceau, on peut encore découvrir combien tel élément est incroyable, combien l'explosion de Eulogy est jouissive, combien Aenema est absorbant. Viennent ensuite Lateralus (2001) et 10,000 Days (2006), dans la même veine, avec de véritables perles comme le duo Parabol/Parabola (voir à la fin de l'article), ou Right in Two, que j'ai totalement re-découvert récemment.

Mais quel élément, dans la musique, la rend-t-elle donc si belle ? C'est difficilement traduisible, il faut écouter la musique pour comprendre, et encore, on peut tout à fait ne pas accrocher au style. Le chant est incroyable, paris doux, parfois agressif, et quelquefois fragile et profond, comme on le retrouve sur Indigo Children de Puscifer. Les compositions présentent une rythmique (assurée par la batterie, mais aussi par la basse) des plus surprenantes, et des contretemps parfois déstabilisants, et jamais la guitare ne vient enrober le reste comme si les autres instruments étaient un simple plus-value : c'est un ensemble en harmonie.

 

Après un clip, voici un live, celui de Sober : pas moins inquiétant !

 

Outre leur univers musical, ils s'entourent d'un artwork assez particulier : vous avez pu voir le clip de Schism un peu plus haut, mais les images mêmes de leurs pochettes, livrets-CD ou encore de leurs promotions, bref, tout l'art visuel accompagnant généralement le groupe est plutôt perché. Malgré le manque (tout relatif) de notoriété en France, le groupe est reconnu sur la scène du metal international, Lateralus et 10,000 Days ayant atteint la première place des ventes aux Etats-Unis, au Canada et en Australie, et le second, en Nouvelle-Zélande, aux Pays Bas, en Norvège et en Autriche, ainsi que la seconde place en France ! (Comme quoi, ils sont pas si inconnus chez nous.)

 

10,000 Days
Pochette de 10,000 Days, la multitude d'yeux est un élément récurrent de leur artwork.


Fetus Skull
Petite image d'artwork commandée à Bayard Baudoin.

 

Certains fans parmi les plus "groupies" voient le groupe comme une formation non seulement musicale, mais qui offrirait en plus quelque chose de spirituel. Je ne suis pas de ceux-là, les paroles de leurs chansons invitent à l'éveil de l'esprit, à la lutte contre l'oppression ou à la remise en question de ce qui nous entoure ("think for yourself") mais rien au-delà, par ailleurs, le groupe a rapidement abandonné la supercherie de la "lacrymologie" de ses débuts (je n'ai pas de détails à donner là-dessus, pour plus de précision, vous trouverez bien un site là-dessus, sur le net). J'apprécie beaucoup leur musique ainsi que le visuel magnifique et torturé qui entoure le groupe, mais ne faisons pas de Tool une religion. Je vous laisse sur cette petite merveille, avant de revenir parler de notre cher Keenan dans la deuxième partie de cette trilogie, à savoir A Perfect Circle.

 

 

Le double titre Parabol/Parabola mis bout à bout (pour info, Parabol se termine à 3:04).
  
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Publié dans Musique

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